Addictions : une étude découvre un marqueur prédictif dans le cerveau

Pourquoi certaines personnes, pourtant conscientes des risques liés à la drogue, continuent d’en consommer ? En analysant le cerveau de rats, des chercheurs de l’hôpital de la Timone, à Marseille, ont détecté des marqueurs qui permettraient de “prédire” certaines addictions. L’étude a été récemment publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.

Une expérience menée sur le rat

L’expérience détaillée est un peu barbare. Des rats ont été exposés à la cocaïne. En parallèle de cela, les chercheurs ont analysé l’activité électrique de leur cerveau à un endroit précis : le noyau subthalamique. Ce dernier est impliqué dans l’aspect moteur de nos actions, c’est-à-dire qu’il enclenche le processus mécanique d’agir.

Puis, pour leur signifier que cette dernière est dangereuse, une petite décharge électrique leur a été infligée au niveau des pattes. L’idée était de voir si en détectant un danger lié à la prise de la drogue, les rats allaient s’en détacher ou non. Résultat : 25 % d’entre eux a continué à consommer la cocaïne qui leur était proposée, soit à peu près la même proportion d’humains qui tombent dans un phénomène addictif.

Une zone du cerveau présente un marqueur d’addiction

Ils ont ensuite comparé l’activité de ce noyau dans les deux groupes de rats : ceux qui avaient continué et ceux qui avaient arrêté la cocaïne. L’objectif était de comprendre en quoi cette activité électrique pouvait chez certains être associée à quelque chose de compulsif. Chez les cerveaux dictés par l’action compulsive, cette zone présentait une signature électrique particulière avec de basses fréquences d’oscillation. En activant de manière factice la zone, les rats non addicts le devenaient à leur tour.

Cette découverte est intéressante pour traiter les patients souffrants d’addiction : en modulant la fréquence du noyau subthalamique, on pourrait réduire la compulsion, expliquent les chercheurs. Ce noyau aurait aussi un rôle dans la dépendance à d’autres drogues, comme le tabac, l’alcool ou encore l’héroïne selon les scientifiques. Après ces essais, reste à trouver le moyen d’accéder à cette zone via une méthode non invasive pour aider les humains à lutter contre leurs dépendances.

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