Entreprises, voici comment participer à une blockchain

La blockchain poulet, ça vous parle ? Début 2018, Carrefour annonçait en grandes pompes le lancement d’un outil de traçabilité d’une filière de poulets basé sur la blockchain. Cette blockchain est privée, c’est-à-dire qu’elle est contrôlée par Carrefour lui-même, contrairement à Bitcoin ou Ethereum, des blockchain publiques qui sont des protocoles décentralisés. Depuis trois ans, les exemples d’entreprises qui expérimentent les blockchain publiques se multiplient, comme Société Générale qui a émis à deux reprises des obligations sur Ethereum. Certaines vont même plus loin en participant au protocole, en étant un “noeud”. Soit pour stocker les informations de la blockchain, soit pour valider des transactions soit pour voter des mises à jour. Il est même souvent possible d’être rémunéré pour maintenir le nœud. Mais avant de se lancer dans l’aventure, il faut quelques prérequis.   

Du budget, un peu   

Pour devenir un nœud, il faut sortir le chéquier mais pas besoin d’aligner beaucoup de zéro non plus. Vous aurez besoin d’un ordinateur, une connexion Internet et un serveur disponible 24/24h. “Un PC de 8 Go de RAM avec 300 Go de stockage suffit. Beaucoup font tourner ça sur Rasperry pi”, illustre Gilles Cadignan, CEO de Woleet, entreprise spécialisée dans la signature électronique via la blockchain Bitcoin. “Pour 300 dollars vous pouvez avoir un full node (un nœud qui vérifie toutes les règles de la blockchain Bitcoin, ndlr). Comptez quelques dizaines de dollars par mois pour faire tourner votre full node bitcoin dans le cloud”, complète le dirigeant. Plus la blockchain est complexe (Bitcoin est la plus simple), plus les coûts pour faire tourner un nœud sont élevés. Pour implémenter votre nœud, il est nécessaire de télécharger un logiciel. Dans l’univers Bitcoin, la référence est Bitcoin Core, régulièrement mis à jour. “Assurez-vous que le logiciel soit de confiance car tout ce que vous allez signer sur la blockchain sera avéré”, prévient Gilles Cadignan.

Pour participer à un protocole, vous aurez à un moment ou un autre des jetons (ou tokens) dans les mains. Pour la blockchain Tezos par exemple vous devez vous procurer un minimum de 8 000 tokens (à 6 dollars pièce environ), pour avoir une chance d’être sélectionné en tant que validateur du réseau. “Plus vous en avez, plus vous avez la probabilité d’être sélectionné, et plus vous produisez de blocs, plus vous êtes rémunéré par le protocole. Par exemple, pour chaque bloc produit, vous gagnez 80 tokens Tezos”, explique Hadrien Zerah, adoption manager, chez Nomadic Labs, laboratoire de R&D dédié à Tezos.  

Pour acheter un token, il faut passer par une plateforme d’échange de cryptomonnaies, qui prend une commission à chaque transaction. Privilégiez un acteur régulé. En France, il existe une liste d’acteurs enregistrés auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

De l’accompagnement, beaucoup

La technologie blockchain étant très jeune et très complexe, mieux vaut passer par un prestataire qui vous guidera de A à Z. Si vous passez par Ethereum, vous pouvez vous tourner vers l’entreprise Consensys, pour Tezos, vous pouvez toquer chez Nomadic Labs, ou allez tout simplement sur le site de la blockchain en question sur lequel vous trouverez de la documentation technique. Certains prestataires proposent même de gérer l’installation de votre nœud comme Nomadic Labs. D’autres offrent un support quotidien. La blockchain Polymath, spécialisée dans les security tokens (des actifs financiers digitalisés), met à disposition de ses utilisateurs Microsoft Teams. “On vous répond en seulement quelques minutes”, assure Ultan Miller, managing partner chez Saxon Advisors, utilisateur de Polymath.

Il existe aussi des prestataires multiblockchain, qui peuvent à la fois vous aiguiller sur la blockchain la plus adaptée à vos besoins et vous guider dans son installation. En France, Exaion, filiale d’EDF, commercialise une offre de blockchain as a service, qui couvre quinze protocoles, sauf Bitcoin, car considéré comme énergivore. Cette entité, lancée en début d’année, s’occupe du développement de la couche protocolaire jusqu’au front end. “C’est plus simple de passer par nous que par une multitude de prestataires. En plus, nous ne sommes pas des extrémistes du Bitcoin ou d’Ethereum”, souligne Fatih Balyeli, CEO d’Exaion. A ce jour, Exaion gère des centaines de nœuds pour le compte de sa vingtaine de clients. “On est le gestionnaire de nœuds le plus stable. Nos nœuds ne tombent jamais”, assure le dirigeant, qui précise avoir deux datacenters dédiés.

De l’apprentissage, passionnément

Même si votre prestataire s’occupe de tout, nos experts sont unanimes : il faut des compétences informatiques en interne. “Des opérateurs d’infrastructure cloud peuvent très bien faire le job”, assure Thomas Borrel, CPO de Polymath. “Un ingénieur arrivera facilement à faire tourner un logiciel Tezos car c’est bien documenté”, indique Henri Lieutaud, responsable blockchain chez l’assureur Wakam. Pour agrémenter ses compétences, il faut ajouter une pincée de passion. “Evidemment, personne n’a fait 10 ans d’étude sur la blockchain. On a tous appris sur Internet. Il faut donc donner le temps à votre équipe de se plonger dedans”, ajoute Henri Lieutaud. “Les meilleurs profils blockchain sont des ninja développeurs. Ils apprennent sur le tas”, confirme Fatih Balyeli.  Certaines structures comme Nomadic Labs proposent également des formations aux utilisateurs.

De la sécurité, à la folie

Quand vous participez à une blockchain, vous utilisez sa cryptomonnaie. Il faut donc bien la stocker quelque part pour ne pas la perdre, se faire hacker ou que quelqu’un dans l’entreprise parte avec la caisse. Il est fortement conseillé d’utiliser un portefeuille offline comme le Ledger nano S (habituellement utilisé par les particuliers) ou la version pour professionnels, Ledger Vault. Regardez bien si le wallet intègre une solution de multisignature qui permet à deux utilisateurs ou plus de valider des transactions (le PDG et le CFO par exemple). “Plus vous avez de cryptomonnaies, mieux il vaut passer par des solutions dédiées aux entreprises”, souligne Hadrien Zerah. “Les solutions pour professionnels sont très bien, mais si elles coûtent plus cher à mettre en place que le montant que vous devez sécuriser, ça ne vaut pas la peine. Nous avons par exemple 40 000 euros en Tezos, on n’a pas de solution professionnelle. Mais lorsque l’on montera en charge, on le fera”, illustre Henri Lieutaud.

Des préjugés, pas du tout

Nos experts ont un mot d’ordre : n’ayez pas peur. “La blockchain est souvent mal comprise puisqu’elle est très compliquée. On pense souvent qu’il faut être un ingénieur pour comprendre et participer. Avant c’était le cas, mais maintenant, il existe plein de projets faits pour toucher une audience plus large”, raconte Thomas Borrel. “Il ne faut pas avoir peur d’essayer. Et il ne faut pas chercher la solution parfaite car elle n’existe pas. Vous êtes obligé de prendre un risque, mais un risque mesuré bien sûr”, tempère Henri Lieutaud. 

Nous vous invitons…

Nous vous invitons à prendre rendez-vous avec un de nos psychologues, psychothérapeutes et psychopraticiens afin de faire un premier pas vers le changement que vous désirez. Si vous désirez obtenir de plus amples informations ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous téléphoner. Vous pouvez prendre un rendez-vous par téléphone ou en envoyant un email au cabinet des Psychologues de Paris 9 (à l’attention du psychologue ou psychothérapeute de votre choix).

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