Rob Van Kranenburg (IoT Council) : “J’ai créé l’IoT Day pour que les citoyens s’impliquent dans l’essor de la technologie”

Rob Van Kranenburg, fondateur de l’IoT Council et de l’IoT Day. © IoT Council

JDN. L’IoT Day se tient ce 9 avril : comment est née l’idée de cette journée ?

Rob Van Kranenburg. Le projet remonte à 2009. J’avais organisé en Suède une conférence sur l’essor des technologies émergentes et je me suis aperçu que dans l’assistance, il n’y avait que des experts qui n’abordaient que des questions techniques. Or, avec l’IoT, nous sommes en train de construire un nouveau monde et cela ne peut pas se faire sans les citoyens, car c’est d’eux dont il s’agit. Des ingénieurs ne peuvent pas choisir seuls les usages destinés aux Millenials et à la Génération Z. J’ai donc créé l’IoT Council en 2009, une association visant à réunir lors de rencontres les citoyens pour parler des questions de société en lien avec l’IoT et de leurs besoins, de ce qu’ils aimeraient.

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

J’ai créé plusieurs groupes informels regroupant une centaine de personnes en Europe. L’objectif n’est pas de faire un événement avec une grande visibilité mais de petites réunions où les participants s’investissent réellement. L’année suivante, nous nous sommes dits avec ma conjointe qu’il faudrait une Journée de l’IoT. C’est comme cela qu’est née l’initiative en 2010. Nous avons choisi au hasard la date du 9 avril. Pour l’anecdote, beaucoup pense que mon association est une instance officielle liée à l’Union européenne, alors qu’il ne s’agit que d’une initiative citoyenne. C’est bien la preuve qu’il est possible d’agir à notre échelle.

Comment faire en sorte que le grand public s’investisse ?

Je sais qu’en ce moment les gens sont stressés par la crise, ils sont préoccupés par l’avenir de leur emploi, néanmoins il est essentiel que les citoyens échangent et réfléchissent à quel genre de société ils veulent. Il ne faut pas se focaliser sur le négatif mais se projeter et avancer. Les citoyens peuvent agir à leur échelle : discuter avec leurs voisins, engager des discussions lorsqu’ils se promènent pour connaître diverses opinions, créer des groupes sur les réseaux sociaux, etc. Par exemple, de nombreux citoyens s’intéressent à leurs consommations d’énergie. Ils peuvent échanger sur les bonnes pratiques et les objets connectés les plus utiles pour réaliser des économies, se renseigner sur l’énergie P2P, les sociétés qui vendent l’énergie au prix le plus bas, etc. C’est une implication de chacun et c’est la même chose dans l’IoT. Beaucoup se méfient des objets connectés, les trouvent invasifs, cela ne sert cependant à rien d’être négatif et de refuser cette innovation. C’est une perte de temps et d’énergie. La technologie est là, on ne pourra pas la stopper alors autant prendre en main les sujets pour les faire aller dans la bonne direction.

Quel est le principal enjeu actuel de l’IoT selon vous ?

Il est simple, il s’agit de la transparence. Les citoyens doivent être informés des process. L’IoT est partout dans notre société. Et en captant des informations, cette technologie permet de mieux prendre des décisions. Pour qu’elle soit adoptée, elle doit être comprise. Les entreprises et les Etats ne sont pas les seuls qui ont besoin de savoir comment fonctionnent ces petits objets, les citoyens aussi car la plupart des projets sont basés sur leurs données. C’est la même chose pour la 5G, l’impression 3D, l’open hardware, la blockchain ou encore les cryptomonnaies. Le deuxième défi est de repenser les méthodes de prises de décisions. Cela n’a aucun sens de distribuer partout dans le monde des objets connectés, même s’ils sont appréciés. Il vaut mieux associer dès la phase de conception les citoyens, leur expliquer le fonctionnement, les faire tester et n’envisager la commercialisation que par la suite, quand tout le monde sera d’avis que ce projet est vraiment utile. La plupart des produits sont lancés de manière unilatérale par les entreprises alors qu’ils sont conçus à l’attention du grand public, ou pour un usage massif.

Quel thème mettez-vous en avant cette année ?

Pour l’IoT Day 2021, j’aborderai en Belgique le thème de l’identité jetable, afin de trouver un moyen garantissant le respect de la vie privée des utilisateurs. Par exemple, quand on paie avec une carte bancaire ou des objets connectés, il faudrait que chacun ait un numéro provisoire au lieu que son identité remonte dans le cloud. Ce sujet est très important et reste pour le moment aux mains des gouvernements. Je contribue à différents projets européens parce que c’est à cette échelle que l’on peut faire valoir le sens commun. Cela prend toutefois du temps.

Que se passe-t-il en France durant l’IoT Day ?

J’échange avec plusieurs Français, comme Benjamin Gaulon, un artiste qui travaille sur l’obsolescence programmée ou Bernard Benhamou, un expert de l’Internet. En 2013 et 2014, le bloggeur Pierre Métivier a organisé des événements en France pour l’IoT Day. Cette année, seule la Coque, le centre d’innovation et de démonstration des acteurs du numérique et de l’innovation d’Aix-Marseille, s’est montrée intéressée mais elle n’organisera son propre événement que le 29 juin prochain. J’encourage les Français à participer aux événements, à rejoindre des meet-up, à suivre ce qui se passe notamment sur l’open hardware. Ils seraient étonnés de tout ce qui se fait autour d’eux. Les possibilités sont nombreuses de s’impliquer dans le développement de l’IoT, d’autant que des outils comme les réseaux sociaux le favorise.

Rob van Kranenburg est le fondateur de l’association IoT Council et de l’IoT Day. Il a écrit l’ouvrage sur l’Internet des objets “The Internet of Things : A Critique of Ambient Technology and the All-seeing Network of RFID”. Il travaille en tant que gestionnaire d’écosystème pour le projet européen Next Generation Internet.

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