Trouble panique : analyser son fonctionnement pour mieux le soigner

Le trouble panique est un trouble anxieux à la fois fréquent et invalidant, souvent mal compris ou confondu avec d’autres pathologies physiques ou psychologiques. Il se caractérise par la survenue répétée de crises de panique soudaines et intenses, sans cause apparente. Pour celles et ceux qui en souffrent, ces attaques sont vécues comme des événements traumatisants, imprévisibles, souvent accompagnés de la peur de mourir, de devenir fou ou de perdre le contrôle.

Comprendre le fonctionnement du trouble panique, ses mécanismes biologiques, cognitifs et comportementaux, est essentiel pour construire une prise en charge efficace. Ce n’est qu’en démystifiant les crises et en identifiant les facteurs qui les déclenchent et les entretiennent qu’il devient possible de rompre le cercle vicieux de la peur.

Qu’est-ce qu’une attaque de panique ?

Une attaque de panique est une bouffée soudaine d’angoisse aiguë, atteignant son intensité maximale en quelques minutes. Elle se manifeste par une combinaison de symptômes physiques et psychologiques puissants, parmi lesquels :

Palpitations, douleurs thoraciques, sensation d’étouffement

Vertiges, sensation de tête vide, nausées

Tremblements, sueurs, engourdissements

Déréalisation (sensation que l’environnement est irréel) ou dépersonnalisation (sensation d’être détaché de soi)

Peur de mourir, de devenir fou, ou de perdre le contrôle

Ces épisodes peuvent survenir dans des situations très diverses – au travail, dans les transports, en public, ou même au repos – ce qui renforce leur caractère imprévisible et angoissant.

Lorsqu’elles deviennent fréquentes et que la personne vit dans la crainte constante qu’une nouvelle attaque survienne, on parle alors de trouble panique.

Le cercle vicieux de la panique

Le trouble panique repose sur un cercle auto-entretenu entre les sensations corporelles, l’interprétation catastrophique de ces sensations, et la montée progressive de l’anxiété.

Tout commence souvent par une sensation physique banale – un battement cardiaque plus fort, un étourdissement, une bouffée de chaleur. Chez les personnes souffrant de trouble panique, ces signaux sont interprétés comme menaçants : « Je fais une crise cardiaque », « Je vais m’évanouir », « Je perds la tête ».

Cette interprétation génère de l’angoisse, qui accentue encore les symptômes physiques. Le cœur bat plus vite, la respiration s’accélère, l’adrénaline se libère… et la boucle s’emballe jusqu’à l’attaque de panique.

Une fois la crise passée, un nouveau problème apparaît : la peur d’avoir peur. L’anticipation d’une future attaque provoque une hypervigilance aux sensations corporelles et parfois même l’évitement de certaines situations : transports, lieux publics, solitude, etc. Ce phénomène peut évoluer vers une agoraphobie, rendant le quotidien de plus en plus restreint.

Origines et facteurs de risque

Le trouble panique n’a pas une cause unique. Il résulte d’une combinaison de facteurs :

Facteurs biologiques : certaines personnes ont un système nerveux plus réactif au stress, ou un déséquilibre dans les neurotransmetteurs régulant l’anxiété (comme la sérotonine ou le GABA).

Facteurs psychologiques : un terrain anxieux, des croyances catastrophistes, une faible tolérance à l’incertitude ou à l’inconfort corporel.

Facteurs environnementaux : un stress prolongé, un traumatisme, ou encore un contexte de grande pression émotionnelle peuvent déclencher les premières crises.

Il est aussi fréquent que les premières attaques surviennent après un événement de vie marquant : surcharge de travail, séparation, deuil, maladie, accouchement… Le corps et l’esprit, saturés, réagissent alors de façon brutale.

Une prise en charge efficace et bien ciblée

Le traitement du trouble panique repose sur une approche globale, qui combine souvent psychothérapie, éducation psychologique et, dans certains cas, traitement médicamenteux.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

C’est la prise en charge la plus reconnue scientifiquement pour ce trouble. Elle agit sur :

Les pensées catastrophiques : la personne apprend à identifier et remettre en question les interprétations erronées des sensations corporelles.

L’exposition graduelle : au lieu d’éviter les situations redoutées, la thérapie encourage à les affronter progressivement, pour désensibiliser l’anxiété.

La gestion des symptômes physiques : des techniques de respiration, de relaxation ou de pleine conscience sont intégrées pour apaiser le système nerveux.

Le traitement médicamenteux

Certains antidépresseurs (notamment les ISRS) sont utilisés pour réguler l’anxiété de fond et prévenir les attaques. Les anxiolytiques peuvent être prescrits à court terme, mais avec prudence en raison des risques de dépendance. Le traitement pharmacologique doit toujours être encadré par un professionnel de santé.

L’éducation psychologique (psychoéducation)

Comprendre le fonctionnement des attaques de panique permet déjà d’en réduire l’intensité. De nombreuses personnes décrivent une amélioration dès lors qu’elles cessent de croire que leurs symptômes sont dangereux ou annonciateurs d’une catastrophe imminente.

Apprendre à faire confiance à son corps, à reconnaître qu’une crise de panique, bien que désagréable, n’est ni dangereuse ni mortelle, est une étape clé vers la récupération.

Retrouver une vie libre de la peur

Le trouble panique peut enfermer ceux qui en souffrent dans une vie réduite à l’évitement, la peur et l’anticipation constante. Mais il est important de souligner qu’il se soigne très bien. Avec un accompagnement adapté, il est tout à fait possible de retrouver une vie pleine, autonome, et sans crise.

Le chemin vers la guérison passe souvent par :

Une meilleure écoute de soi

La déconstruction des peurs irrationnelles

Le réapprentissage de la confiance envers ses sensations corporelles et ses capacités à y faire face

La réouverture progressive au monde extérieur, aux situations redoutées mais en réalité sans danger

Le trouble panique, aussi impressionnant soit-il, n’est ni un danger vital, ni une fatalité. En analysant son fonctionnement, en identifiant les pensées et comportements qui l’alimentent, et en s’appuyant sur des méthodes thérapeutiques éprouvées, il est tout à fait possible de s’en libérer.

Apprendre à ne plus craindre ses sensations, à se réconcilier avec son corps, et à sortir du piège de l’évitement, c’est reprendre le pouvoir sur sa vie. La panique n’a pas le dernier mot — la compréhension, elle, en est le début.

Trouble panique

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